Concours Lycée Joseph Vallot Lodève

Les concours d’architecture : une occupation frivole pour les architectes ?

Les concours d’architecture : une occupation frivole pour les architectes ?

Concours Lycée Joseph Vallot Lodève
Concours Lycée Joseph Vallot Lodève

Transcender le formalisme

Le concours d’architecture a pour objet de désigner les futurs attributaires des marchés de Maîtrise d’œuvre, selon les principes de liberté d’accès, d’égalité de traitement et de transparence.

Mais il convient de rappeler qu’avant d’être une mise en compétition de maîtres d’œuvre, la procédure des concours devait incarner les valeurs que la société jugeait bon de défendre dans l’intérêt supérieur de la collectivité, et cela au travers de la représentation des édifices construits et de leur valeur d’usage.

C’était l’esprit de la loi mise en place il y a plus de 40 ans, que d’instaurer une procédure de choix s’appuyant sur une confrontation démocratique, vivante et fructueuse, et ayant notamment pour conséquence de transcender le formalisme indispensable en pareil cas.

Concours d’architecture et perte de sens

Or, dans leur définition, les marchés de maîtrise d’œuvre résultant des concours ne sont que des marchés de service et plus précisément de marchés de prestations intellectuelles… Nous sommes donc, à la lecture de la seule définition, déjà déconnectés de cette démarche qui avait été initiée alors.

En outre, lorsque l’on se penche sur la demande de plus en plus complexe des avis d’appel à candidature, ainsi que sur le déroulement de plus en plus décomplexé de ces procédures, on constate déjà depuis longtemps que tous ces principes ont été balayés, et qu’une perte de sens s’est opérée…

En effet, nous nous sommes assez rapidement éloignés d’un débat démocratique et humaniste sur l’édification publique, au profit d’une procédure d’abattage dans laquelle le Maître d’ouvrage public ne veut plus incarner un rôle d’édificateur, mais plutôt celui d’un « acheteur public » entravé par une procédure technocratique et juridique, dans une relation client/fournisseur…

Le basculement du public vers le privé

Perspective Collège Versailles

Une telle évolution a rendu les conditions d’accès à la commande publique de plus en plus difficiles pour les petites et moyennes agences, alors qu’à l’origine ce sont ces mêmes concours qui avaient permis l’éclosion d’équipes méritantes et exigeantes, en favorisant du même coup une régulation de cette commande. Nous étions à l’époque dans un cercle vertueux, que la complexité raisonnable des projets autorisait, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

Les procédures sont donc en train d’évoluer en faveur des Partenariats Publics Privés, Concessions, Délégations de Service Public et autre avatars, dont on connaît, hélas, les conséquences trop souvent funestes pour la collectivité.

Réservées encore récemment à quelques programmes spécifiques, elles s’élargissent aujourd’hui aux écoles, collèges et universités… Cette tendance nette qu’à dès lors notre société à tendre vers ces procédures (comme le démontrent les derniers projets de loi des finances favorables fiscalement aux P.P.P.) correspond aussi à une volonté de globalisation face à la stratification réglementaire inflationniste, et à la contractualisation de la performance énergétique.

Une activité marginale

Plan Collège Jean Gionno

Plans du Collège Jean Giono, à Orange

La conséquence de ces évolutions est que la part de la commande publique emblématique (concours de maîtrise d’œuvre sur esquisse) est devenue totalement marginale, ramenée à l’ensemble de l’activité de l’édification en France.

Pour un architecte, vouloir faire des concours aujourd’hui est devenu une occupation frivole, inapte à répondre aux besoins d’une agence, même organisée et structurée a minima. Ne pas vouloir en faire le constat ou refuser de manière incantatoire cette situation est stérile !

Il faut au contraire, dresser un état des lieux réaliste et précis de la situation, afin d’encourager la profession à s’armer face à la mutation profonde de notre activité.

Nous devons ensuite travailler à redonner un sens et un contenu allant bien au delà des procédures, et qui ne peuvent être animés que par un réel désir éclairé d’édification.

Préparer les conditions du projet

En effet, ce qui importe plus encore que l’évolution actuelle des procédures, c’est de nourrir sans attendre une réflexion sur les conditions de cette édification. Car c’est cette préparation de « l’amont » qui est la plupart du temps en grave déficit, et c’est précisément cette impréparation à laquelle nous assistons dont nous devons évaluer les conséquences.

Nous devons notamment réfléchir à combler le déficit dans le choix de l’implantation et donc du foncier, dans l’établissement des premiers schémas directeurs, dans la rédaction du contenu programmatique, dans l’évaluation sérieuse des coûts, dans le choix des légitimes exigences environnementales, etc.

Seule la réalisation de ce chantier pourra nous donner quelque légitimité et quelque audience pour, peut-être, espérer à nouveau influer sur les conditions de l’édification, et qui sait, sur les procédures…

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